Les plantes dites « dépolluantes » peuvent absorber certains composés dans des chambres de laboratoire, mais quelques pots dans un salon ne remplacent ni l’aération, ni la réduction des sources de pollution, ni une filtration adaptée. Voici ce que montrent réellement les études et comment choisir des plantes d’intérieur sans leur attribuer des effets santé exagérés.
- À retenir
- Une plante dépolluante purifie-t-elle vraiment une pièce ?
- Pourquoi les résultats de la NASA ont-ils été mal interprétés ?
- 15 plantes d’intérieur intéressantes, sans promesse de purification
- 1. Chlorophytum comosum
- 2. Sansevieria
- 3. Spathiphyllum
- 4. Pothos
- 5. Zamioculcas zamiifolia
- 6. Aglaonema
- 7. Dracaena marginata
- 8. Fougère de Boston
- 9. Palmier areca
- 10. Aloe vera
- 11. Ficus elastica
- 12. Tradescantia zebrina
- 13. Peperomia
- 14. Aspidistra
- 15. Calathea et Goeppertia
- Les gestes réellement efficaces pour améliorer l’air intérieur
- Précautions avec les plantes en intérieur
- Questions fréquentes
- Combien de plantes faut-il pour purifier une pièce ?
- Une Sansevieria améliore-t-elle l’air pendant la nuit ?
- Les plantes peuvent-elles aggraver la qualité de l’air ?
- Sources
À retenir
- L’étude de la NASA de 1989 a observé une absorption de certains composés organiques volatils dans de petites enceintes fermées.
- Ces résultats ne se transposent pas directement à un logement ventilé et occupé.
- Une revue scientifique de 2020 estime qu’il faudrait une densité irréaliste de plantes pour égaler l’élimination des COV obtenue par le renouvellement normal de l’air.
- Pour améliorer l’air intérieur, les priorités sont la réduction des émissions, l’aération et la ventilation, puis la filtration si nécessaire.
- Choisissez vos plantes pour leur beauté, leur facilité d’entretien et leur compatibilité avec les enfants et les animaux.
Une plante dépolluante purifie-t-elle vraiment une pièce ?
Le terme « plante dépolluante » vient en grande partie d’expériences réalisées en laboratoire. Le rapport de la NASA publié en 1989 a montré que des plantes et leur substrat pouvaient retirer du benzène, du trichloréthylène ou du formaldéhyde dans des enceintes expérimentales fermées. Cette étude reste intéressante pour comprendre les mécanismes biologiques, mais elle ne démontre pas qu’un nombre raisonnable de plantes purifie efficacement l’air d’un appartement.
Dans une vraie pièce, le volume d’air, les échanges avec l’extérieur, les matériaux, les produits ménagers, la cuisson et les occupants changent constamment la concentration des polluants. Une revue de douze études, publiée dans le Journal of Exposure Science & Environmental Epidemiology, a converti les résultats de laboratoire en débit d’air propre comparable. Les auteurs concluent qu’il faudrait environ 10 à 1 000 plantes par mètre carré pour égaler l’élimination des COV produite par le renouvellement d’air habituel d’un bâtiment.
L’Agence américaine de protection de l’environnement indique également qu’il n’existe pas de preuve qu’un nombre raisonnable de plantes d’intérieur retire des quantités significatives de polluants dans les logements ou les bureaux.
Pourquoi les résultats de la NASA ont-ils été mal interprétés ?
Les plantes testées par la NASA étaient placées dans des dispositifs contrôlés, très différents d’un salon. Dans une enceinte étanche, la diminution d’un composé peut être mesurée pendant plusieurs heures ou plusieurs jours. Dans un logement, les polluants continuent d’être émis et l’air est renouvelé par les fuites, les fenêtres et la ventilation mécanique.
Le terreau et les micro-organismes associés aux racines participent aussi aux résultats observés en laboratoire. Cela ne signifie pas qu’il faut multiplier les pots humides : un substrat constamment détrempé peut favoriser des moisissures ou des micro-organismes indésirables, en particulier chez les personnes sensibles.
15 plantes d’intérieur intéressantes, sans promesse de purification
La sélection ci-dessous privilégie l’aspect décoratif, la tolérance aux conditions domestiques et la facilité d’entretien. Elle ne constitue pas un classement d’efficacité contre la pollution.
1. Chlorophytum comosum
La plante araignée est facile, lumineuse et simple à multiplier. Elle apprécie une lumière indirecte et un terreau légèrement humide. Consultez notre guide du Chlorophytum.
2. Sansevieria
Robuste et peu exigeante en eau, la Sansevieria convient aux personnes qui oublient parfois l’arrosage. Elle est toxique en cas d’ingestion par les chats et les chiens. Voir nos conseils d’entretien du Sansevieria.
3. Spathiphyllum
Le Spathiphyllum apprécie une lumière tamisée et un substrat régulièrement humide, sans eau stagnante. Il contient des cristaux d’oxalate de calcium irritants pour les animaux. Notre guide du Spathiphyllum détaille son arrosage.
4. Pothos
Le Pothos pousse rapidement et tolère plusieurs niveaux de lumière indirecte. Gardez-le hors de portée des enfants et des animaux, car son ingestion est irritante. Consultez le guide d’entretien du Pothos.
5. Zamioculcas zamiifolia
La plante ZZ stocke l’eau dans ses rhizomes et préfère sécher entre deux arrosages. Elle est irritante en cas d’ingestion. Retrouvez nos conseils sur le Zamioculcas.
6. Aglaonema
L’Aglaonema est apprécié pour son feuillage panaché et sa tolérance à une lumière modérée. Comme d’autres Aracées, il est irritant s’il est mâché. Voir le guide de l’Aglaonema.
7. Dracaena marginata
Graphique et peu encombrant, le Dracaena aime la lumière vive indirecte et un séchage partiel du substrat. Il est toxique pour les chats et les chiens. Consultez notre guide du Dracaena.
8. Fougère de Boston
La fougère de Boston demande davantage d’humidité et un arrosage suivi. Elle est généralement considérée comme non toxique pour les chats et les chiens. Découvrez son entretien détaillé.
9. Palmier areca
L’Areca offre un feuillage léger et préfère une bonne lumière indirecte. Évitez de laisser ses racines dans l’eau. Il est généralement classé parmi les plantes compatibles avec les animaux. Voir notre guide de culture de l’Areca.
10. Aloe vera
L’Aloe vera aime une lumière abondante et un substrat très drainant. Son latex peut être toxique pour les animaux en cas d’ingestion. Retrouvez les conseils pour prendre soin d’un Aloe vera.
11. Ficus elastica
Le caoutchouc apprécie une lumière vive filtrée et un arrosage modéré. Sa sève peut irriter la peau et il doit rester hors de portée des animaux.
12. Tradescantia zebrina
Cette plante retombante est appréciée pour son feuillage violet. Elle se bouture facilement, mais sa sève peut provoquer des irritations chez certains animaux. Consultez notre guide du Tradescantia.
13. Peperomia
Compact et adapté aux petits espaces, le Peperomia préfère un substrat aéré et un arrosage mesuré. De nombreuses espèces sont considérées comme compatibles avec les animaux. Voir notre guide du Peperomia.
14. Aspidistra
L’Aspidistra tolère une lumière faible et des arrosages espacés. Sa croissance est lente, mais sa robustesse en fait une bonne plante pour débuter. Consultez le guide de l’Aspidistra.
15. Calathea et Goeppertia
Leur feuillage décoratif demande une humidité régulière, une eau peu calcaire et l’absence de soleil direct. Elles sont généralement considérées comme non toxiques pour les animaux. Découvrez nos conseils pour le Calathea.
Les gestes réellement efficaces pour améliorer l’air intérieur
- Réduire les sources : limiter la fumée, les bougies parfumées, les sprays, les solvants et les produits fortement émissifs.
- Aérer et ventiler : renouveler l’air lorsque les conditions extérieures le permettent et utiliser les extractions de la cuisine et de la salle de bain.
- Contrôler l’humidité : l’EPA recommande de rester sous 60 %, idéalement entre 30 et 50 %, afin de limiter le risque de moisissures.
- Entretenir les appareils : changer les filtres selon les instructions et faire vérifier les systèmes de combustion.
- Filtrer si nécessaire : un purificateur correctement dimensionné peut compléter la réduction des sources et la ventilation, sans les remplacer.
Précautions avec les plantes en intérieur
- Évitez le sur-arrosage et videz les soucoupes après l’arrosage.
- Retirez les feuilles mortes et nettoyez les pots pour limiter les moisissures et les moucherons.
- Vérifiez la toxicité de chaque espèce si vous vivez avec de jeunes enfants ou des animaux.
- En cas d’allergie, d’asthme ou de symptômes persistants, demandez conseil à un professionnel de santé et recherchez les sources d’humidité ou de pollution du logement.
Questions fréquentes
Combien de plantes faut-il pour purifier une pièce ?
Les données actuelles ne permettent pas de recommander un nombre réaliste de plantes pour purifier efficacement une pièce. La ventilation et la réduction des sources de pollution ont un effet bien plus important.
Une Sansevieria améliore-t-elle l’air pendant la nuit ?
La Sansevieria utilise un métabolisme CAM et réalise une partie de ses échanges gazeux la nuit. Dans une chambre réelle, la quantité produite ou absorbée par un seul pot est toutefois trop faible pour remplacer l’aération.
Les plantes peuvent-elles aggraver la qualité de l’air ?
Une plante bien entretenue pose rarement problème. En revanche, un terreau constamment humide peut favoriser des moisissures et certains produits appliqués sur les feuilles ou le sol peuvent émettre des substances irritantes.
